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[Récit] La fureur du nord.

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MessageSujet: [Récit] La fureur du nord. Dim 8 Oct - 18:07

Bonjour à tous !

Tous ne s'en souviendront pas mais lorsque j'ai arreter le jeu lors de la partie précèdente, un event était en cours. Une invasion barbare venue des steppes du nord était en route et chacun se préparer au choc. Jouant le roi de l'Eomark, je disposais des terres les plus au nord et j'avais donc mobiliser toutes mes forces combattantes en une immense campagne, me préparant à subir le plus dur de l'assaut.
Hélas, bien que je l'attendais impatiemment, la bataille n'eut pas lieu. Certains s'en souviendront mais mon oncle décéda peu après, si bien que je délaisser le jeu jusqu'à ce qu'il s'arrete, laissant le destin de mon personnage en suspens.

Qu'à cela ne tienne ! Ayant envie d'écrire cet après midi mais ne trouvant pas l'inspiration pour mon bouquin, je vous livre une version romancée de ce qu'aurait pu être ce choc des cultures. J'ai essayer de tenir compte du contexte du jeu de l'époque et des actions passées mais les limites de ma mémoire m'auront fait aussi prendre quelques libertés scénaristiques.

Bref, voici un court récit de bataille qui, je l'espère, vous plaira.

-------------------------------------

Il s’agissait là d’une journée bien singulière. La météo elle-même semblait être prise entre deux volontés, ne sachant de quel côté elle devait se ranger. Car sur la plaine la plus au nord de l’Eomark, il semblait y avoir une frontière entre un été d’espérance et un hiver de disgrâce. D’épais nuage noir, lourd de menace, s’avancer depuis des terres du nord alors que le soleil semblait vouloir les repousser de ses puissants rayons. Le vent balayer la plaine, faisant claquer des centaines de bannières, rafraichissant ce qui était la plus grande armée jamais assemblée en ces terres.

Faisant fi du ciel menaçant, elle avançait à pas tranquille, calme et sereine. Devant elle se tenait le Destin, dans toute sa colère destructrice.

Au centre de l’Ost, les bannières royales de l’Eomark et du Val faisaient route côte à côte, guidant près de 25.000 hommes vers la plus grande bataille de leur histoire. Près du tiers était composé de la puissante cavalerie des Eotheods, ce peuple ne disposant que de peu de troupe à pieds, habituellement réservé à la tenue des garnisons. Il ne pouvait donc y avoir terrain plus propice pour eux.  Le reste de la troupe était un mélange entre l’infanterie de l’Eomark et celle du Val, plus nombreuse.

Le silence était presque oppressant, personne ne trouvant de chose à dire, vérifiant en pensée si tout ce qui était faisable avait été fait.

Droit et fier sur le dos de Sleipnir, Leoden n’avait point peur. Il était même serein, persuader d’avoir fait de son mieux, ayant l’intime conviction que son peuple survivrait quoi qu’il advienne en ce jour. Depuis des années, il s’était préparé à pareil moment. Et dès que les rumeurs avaient commencée, il s’était échiné à sauvegarder tout ce qui pourrait l’être. Son fils Ragnar et sa femme Freïa se trouvait loin au sud, en route pour les terres riches et fertiles du Calenardhon. Dans sa grande bonté, le roi du Gondor avait autorisé les Eotheods à s’y installer temporairement, afin de se placer sous la protection des seigneurs de l’ouest si les seigneurs du nord devaient faillir. Une bonne part du peuple du Val les avaient suivi, tandis que le gros de leur armée rejoignait celle de l’Eomark.

Ainsi les peuples nordiques survivraient, quoi qu’il advienne. Et la lignée de Leoden et de Maelor également, les deux souverains ayant envoyé leurs héritiers en sécurité. Quelques mois plus tôt, le roi de la marche s’était rendu à Imladris pour un conseil extraordinaire des peuples libres. Depuis les royaumes nains lui avaient fournis des armes parmi les meilleures, lui faisant même l’offrande d’une magnifique lance dont le fer et la hampe étaient renforcés de Mithril. Dans ce moment digne de légende, il la portée fièrement pour la première fois à la guerre. Et elle s’appelait désormais Sleatiarna, ce qui dans la langue de l’Eomark pouvait être traduit par « lance des seigneurs ».

Au souvenir du conseil, l’héritier de la maison de Leod pensa à l’un de ses plus proches amis, qui se trouvait actuellement loin dans l’ouest, en son domaine d’Amon Sûl. Le seigneur Menethil aussi devait être en train de fourbir ses armes, prêt à repousser la menace. Peut-être les peuples d’Arnor n’aurait-il pas trop à souffrir si les nordiens parvenaient à quelques résultats en ce jour. Leoden l’espérait. Il aurait voulu pouvoir combattre aux côtés de Menethil, qu’il aimait comme son frère. Mais plus son ost s’approcher de la tempête et plus il doutait que ce jour vienne.

Et bien soit. Leurs deux maisons étaient de toute façon lier. Ragnar, futur roi de l’Eomark, s’était pris d’affection pour Isilmë, nièce du seigneur Dunadan. Et l’attention étant réciproque, les deux familles avaient convenue qu’elles seraient unies par le mariage dès les jeunes gens en âge. Et c’était là l’une des raisons de la sérénité de Leoden :

Il marchait vers la guerre, à la tête de la plus puissante armée qu’ai connu le peuple du nord. Leurs armes brillées au soleil, puissantes et fières. Les hommes étaient valeureux et aguerris. Et surtout, toutes les dispositions possibles avaient été prises pour que les deux peuples héritiers de Hador survivent, envers et contre tout.

Cela n’enlevé néanmoins rien à l’importance de la bataille. Une victoire en ce jour sauverait les terres de l’Eomark et du Val du saccage et de la destruction. Et surtout, elle arrêterait net une armée de terreur, qui avait pour coutume de ne rien laisser derrière elle qui puissent encore vivre. Sans une victoire en ce jour, toutes les terres à l’est des montagnes et à l’ouest de la grande forêt ne deviendrait qu’un désert stérile, jusqu’au frontière du lointain Gondor qui lui aurait certainement la puissance d’arrêter son ennemi.

Au loin, l’immense marée de spoliateur s’approchait. Pas aussi nombreuse que ne l’aurait cru Leoden. Soit les rumeurs avaient exagérer les faits, soit la horde d’envahisseur s’était séparée pour attaquer en plusieurs points. Peut-être Menethil croiserait-il également le fer en ce jour, finalement. Une question restée donc en suspens : ou était Bjorn, le monstre à la tête de cette invasion, celui que la légende avait surnommée le briseur de crâne ?

Les deux armées s’approchèrent enfin. D’un côté, il y avait la cohésion et l’ordre. De l’autre, la sauvagerie. Selon les ouïe dire, ceux luttant contre cette troupe barbare et se retrouvant prisonnier n’avait qu’un choix : rejoindre la horde ou mourir. La peur qu’inspirer le géant du nord suffisant à garantir la loyauté des nouvelles recrues. Leoden avait donc prit sa décision : si ce géant, que d’aucun disait fruit du croisement entre un homme et un troll, était là, le roi de l’Eomark irait l’affronter. Et s’il parvenait à le mettre à bas, le choc moral serait certainement suffisant pour que le reste de sa soldatesque ne se débande, perdant son seul et unique liant.

Face à eux, l’ennemi accéléra lentement. Il n’y aurait pas de phase d’observation. Dans les dernières coudées, la horde se lancerait à pleine vitesse et se jetterait sur son ennemi. Leoden se tourna vers Maelor, chef ours du Val, et lui serra la main.

« Béni soit le jour de notre rencontre mon ami. Car seul, je n’aurais rien pu face à pareille marée. »

« Et béni soyez-vous, Leoden fils de Leodas. Car notre rencontre et le fruit de votre seul fait. Malgré votre jeune âge, la sagesse habite votre cœur pour avoir vu venir une menace aussi terrible. Sans vous, votre pays aurait été balayé et le miens aurait servi de dessert. »

Le jeune roi hocha la tête. Ils s’étaient déjà mis d’accord : Maelor commanderait l’infanterie de cette armée d’union. La faible cavalerie du Val avait rejoint l’Eored royale et le seigneur de la marche en dirigerait la charge.

L’instant fatidique vint. L’ennemi n’était plus désormais une masse informe mais bel et bien un assemblage d’être parfaitement visibles et distincts. Alors, sur un signe de Leoden, un cor retentit et les cavaliers accélèrent petit à petit, près de 10.000 montures s’élançant vers leur destin, pendant que l’infanterie adoptée une formation serré afin de se cacher derrière un véritable mur de bouclier tout en continuant sa progression.

Les survivants de ce jour racontèrent par la suite que Sleipnir, aussi fougueux que son maître, s’élança alors, distançant rapidement ses compagnons. L’obscurité s’était accrue, l’épais plafond nuageux ayant envahi la plaine. Mais ces mêmes survivants racontes qu’une éclaircie se fit jour et les rayons du soleil vinrent frapper le cavalier de tête, se réfléchissant sur ses atours, particulièrement sur Sleatiarna qui brillée de mille feux, aveuglant les premiers rangs de l’ennemi sur lesquels elles se précipitée.

Malgré son tempérament, Leoden n’était pas sot et il ne dirigeait pas sa cavalerie en plein sur le milieu de l’adversaire. S’il agissait ainsi, la charge bien que dévastatrice se retrouverait finalement bloquée par la masse de corps et ils finiraient tous taillée en pièce, encercler de toute part.  Il avait opté pour une progression légèrement en diagonal, allant vers l’est avant de repiquer vers l’ouest, afin de frapper le flot d’ennemi non pas à la perpendiculaire mais dans un angle plus aigu.

Ainsi, le choc de la charge couperait l’élan des envahisseurs et par la même, la puissance de l’impact sur l’infanterie de Maelor, tout en permettant à l’Eored de rapidement se dégager du gros de l’armée afin de se remettre en position et de frapper à nouveau.

Sleipnir, fougueux mais désireux de protéger son maître, ralenti enfin sa marche afin de laisser le reste de la troupe revenir à sa hauteur. Puis les chevaux prirent leur accélération finale et les anciens disent que le choc des sabots était si puissant que la terre trembla sous les pieds de l’ennemi et que, devant cette marée altière et brillante, les premiers rangs de la horde marquèrent le pas, alors que les cœurs les plus faibles s’emplissaient de terreur devant le courroux des fils des Edains.

Leoden, envahit par la fureur de la guerre, se mit à rire à gorge déployée. Et le vent tourna si bien que ce rire, puissant et communicatif, fut entendu de tous les siens qui se mirent à rire aussi, bravant la mort et le danger. Le prince des vertueux était un souverain jeune et fort, seigneur d’un peuple fier et puissant et en ce temps, nulle ombre n’était encore assez forte pour ternir la hardiesse de leurs âmes.

Enfin ce fut le choc. Le Mearas du roi ne ralentit même pas lorsque la lance de mithril frappa le premier ennemi. L’homme tenta bien de se prémunir avec son bouclier de bois mais sous l’impact, l’écu explosa littéralement et ses échardes effilées allèrent blesser nombre des sauvages qui se trouvait aux cotés de la victime.

Le fer, lui, continua sa route jusqu’à la poitrine de l’homme, la transperça net sans ployer et, le corps inerte tombant lourdement, frappa un autre adversaire démunis. Et un autre. Et encore un autre. Car nulle arme ici présente ne pouvait brisée la fabuleuse lance des nains et un bras puissant se charger de la maintenir droite et fier, alors que le plus noble des Mearas traverser la marée des ombres sans ralentir un instant, envoyant volée sans y penser quiconque avait le malheur de se trouver sur sa route.

Et derrière le jeune roi, venait  près de 10.000 hommes de la même trempe, s’engouffrant dans la brèche et l’élargissant à coups de flèches, de javelots, de lances et d’épées. Pareil à un immense dragon instoppable, l’Eored s’enfonça dans les lignes ennemies, faisant fi des pertes, bien moindres que ses victimes. Et déjà dans le sillage de la charge apparaissait un parterre de corps démembrés, désarticulés et sans vie.

L’angle choisit était parfait et, comme prévu, les cavaliers surgirent de la masse adverse, s’éloignant à plein galop pour faire demi-tour et charger à nouveau. Lorsqu’ils eurent faite volteface, le flanc de l’armée venant de subir leur courroux s’était disloquer : les survivants  fuyaient, hélas vite repris en main à quelques encablures de là par les capitaines de Bjorn, qui s’évertuait à reformer les rangs et à reprendre l’avance inexorable.

Ailleurs sur le champ de bataille, le gros des deux armées s’était rejoint, engageant une lutte à mort ou les nordiens étaient surpasser par le nombre mais non pas par la bravoure. Les flèches pleuvaient en torrent sur chacun des camps mais l’alliance des peuples libres avaient l’avantage de l’équipement. Et là ou une armure ou une maille de facture naine ou elfe était portée, les flèches ennemies semblaient rebondir sans aucun dommage. Hélas, les amis des Eotheods n’avaient pu en fournir en assez grand nombre pour tout l’ost et nombres des hommes du Val et de l’Eomark se virent tuer, frapper à la gorge ou à la poitrine par des traits aux pennes noirs.

Durant des heures innombrable, la lutte se poursuivis sans qu’aucun des deux camps ne prennent totalement le dessus. L’Eored se réduisait à chaque charge mais jamais plus que ne se réduisait le nombre de ses ennemis. Le ciel offrait un étrange spectacle de clair-obscur, nuage noir précédant éclaircies et vice versa, comme si deux volontés terribles étaient en plein duel, les mortels s’étripant au sol n’étant que la matérialisation d’une quelconque lutte divine. A chaque fois que l’un invoquer Morgoth pour se donné du courage, l’autre répondait au nom de Béma ou de tout autre Vala pour qui il avait de l’adoration.

Finalement, et alors que qu’une nuit avait passée sans que personne ne s’en rendent compte, laissant naître une nouvelle aurore, Leoden se retrouva en plein cœur du combat, accompagner par quelques un des gardes de la maison de Leod, les plus puissants chevaliers de tout son royaume. Le reste de la cavalerie s’était disperser alors que les montures les moins robustes ne parvenait plus à suivre la cadence, devenant autant de petit poignards qui  frapper l’ennemi en divers endroits.

Alors les yeux du jeune monarque se posèrent pour la toute première fois sur cet ennemi qu’il avait pourtant cherché toute la journée de la veille. Et il était terrible, véritablement semblable à un semi-troll. Bjorn, le briseur de crâne, affronter Maelor lui-même et le chef ours semblait presque petit à côté du fléau des steppes de glace.

Au moment où le descendant de Leod voyait enfin son ennemi, ce fut pour être témoin de la défaite du souverain du Val. Dans un ultime échange de coup, la hache du serviteur de Morgoth s’abattit et le seigneur des ours s’effondra, frapper à mort.

A cette vision, le sang de Leoden ne fit qu’un tour. La rage l’envahi, chassant la fatigue et la langueur de ses membres, embrasant son cœur et son âme d’une résolution nouvelle. Invoquant sa maison et son lignage, il s’élança à pleine vitesse, lançant le cri de guerre des siens « Forth Leodingas ». Sleipnir distança sans mal ses suiveurs, fonçant sur Bjorn le terrible.

Au soudain cri de ralliement, celui-ci se tourna vers son nouvel adversaire, un instant surprit par cette vision inattendue. Il portait une armure étrange dont on ne pouvait savoir si elle était d’os ou de métal. Mais son casque était un véritable crâne de troll des glaces, et cela inspirer la peur dans le cœur des hommes de moindre sang que Leoden. Mais ce dernier n’y prêta aucune attention, visant juste de sa lance pour pourfendre sa Némésis.

Le choc fut terrible. Malgré cela, Bjorn ne vacilla pas alors que le fer de lance défoncer son armure du côté droit de sa poitrine, s’enfonçant dans sa chaire. Et pour la première fois depuis une vie, Bjorn connu la douleur et le doute. Hélas, il était puissant et aguerri. La lance de Mithril ne se brisa pas. Lui-même resta sur ses pieds. Et ce fut Leoden qui se retrouva projetait en avant et alors que l’Eotheod sentait son corps décoller du dos de Sleipnir, la hache de l’ennemi s’abattit sur la fière monture. Dans un ultime hennissement, véritable cri de défi plutôt que de peur, le plus beau des chevaux de l’Eomark abandonna la vie, galopant aussi vite que le vent vers les stèles de ses aïeux, son âme sublime s’en allant retrouver Hanar dans les champs immortels.

Pour le fier cavalier, tout n’était pas fini. Il retomba lourdement mais la longue habitude des chutes à cheval fit qu’il se réceptionna du mieux possible, amortissant le choc. Dans la colère qui était sienne, aucune douleur n’aurait pu l’arrêter et il se releva d’un bond, dégainant son épée. Bien que de moindre lignage que Sleatiarna, il s’agissait d’une lame elfique qu’il avait rapporté d’Imladris pour qu’elle devienne l’un des symboles de sa maison. Et elle semblait brillée de sa propre flamme, dansant au rythme de la détermination de son possesseur.  Son bouclier, qui n’avait subi aucun dégâts depuis le début du combat, était un cadeau de Menethil, façonné par l’antique savoir de Numénor et assez robuste pour survivre à bien des assauts.

Les chefs de guerre se firent face. Hache d’un côté, épée et bouclier de l’autre. Autour d’eux, le chaos continuait, mélange de cri de rage et d’agonie, de larme et de sang. Bjorn, d’un geste sec, tenta de brisée la lance. Malgré sa force immense, l’arme résista, à sa grande consternation. Il n’eut alors d’autre choix que de la retirée complètement et un flot noir commença à s’écouler de la plaie béante. Pour la première fois de sa vie, le guerrier de Morgoth était suffisamment toucher pour s’en trouver affaiblis, presque vulnérable. Et le temps jouer désormais contre lui, alors que ses forces allées décroissante en même temps que le sang quitté ses veines.

Mais bien que soutenue par son courage et sa colère, Leoden n’était plus au meilleur de sa forme non plus. A la fatigue physique s’était ajouter la chute et, sans qu’il ne s’en rende compte, chaque nouvelle minute coutait également très cher à ses capacités.

Alors les deux ennemis se ruèrent l’un sur l’autre, conscient que ce duel viendrait sans doute clore la bataille, le vainqueur faisant pencher pour de bon la balance en sa faveur. Et la lutte dura des heures. Et des heures durant la puissance de Bjorn s’opposa à la vivacité de Leoden, ce dernier n’opposant son bouclier qu’en cas de nécessité, préférant esquiver les coups de hache. Et chaque fois qu’il devait interposer le bouclier, il sentait ses pieds quittés le sol sous la puissance de l’impact, se retrouvant projeter à plusieurs mètres de son adversaire. Et chaque fois, il revenait à la charge, fort d’une énergie sans cesse renouveler par la vision d’un ami mort au combat. Tantôt le corps de Maelor, tantôt celui de Sleipnir, tantôt celui d’un chevalier de sa maison qu’il avait bien connu.

Une nouvelle nuit passa. Les deux armées, très amoindris, luttée encore à l’image des deux seigneurs de guerre. Ils avaient le souffle court et le corps endolori. En maints endroits, la lame de Leoden était venue frapper le géant.  Au début son étrange armure avait encaissé le choc puis, petit à petit, elle avait été grignoter, jusqu’à ne plus pouvoir stopper la lame elfique. Si bien que Bjorn saignait désormais de nombreux endroits et jamais il n’avait connu pareil déconvenue. Cela ne faisait qu’attiser encore sa haine, lui redonnant des forces qu’il n’avait plus.

Le roi de l’Eomark saignait aussi. Moins que son ennemi, car le moindre coup franc aurait signé son arrêt de mort. Mais la hache était passée suffisamment proche pour lui tailladé une joue et un coup de poing magistral lui avait fait cracher nombres de dents.

Surtout, son corps était meurtri par la puissance des impacts. Déjà son bras portant le bouclier était brisé, de même que de nombreuses cotes suite à sa chute de cheval. L’ardeur baissant, la douleur se réveillée.
Soudain, alors que l’aurore naissait pour la seconde fois sur le champ de bataille, le sort fut scellé. Comme si la lumière avait vaincue, l’épais ciel gris fut transpercé par la lueur du levant alors que Leoden se jetait à nouveau sur le briseur de crâne. Le soleil vint frapper l’épée des elfes et les rayons se réverbèrent, aveuglant le serviteur de Morgoth.

Si bien que pour la première fois de sa vie, il ne put rien faire pour amoindrir le coup qui venait sur lui. Et malgré l’épuisement, le seigneur des cavaliers visait encore juste. L’épée des Eldars frappa droit au cœur, et alors que sa pointe jaillissait dans le dos du géant, l’ayant percé de part en part, le jour se fit.
Leoden recula de quelque pas, contemplant son ennemi dont la mort avait figé sur le visage une grimace stupéfaite. Bjorn, la terreur du nord, s’écroula.  Puisant dans ses ultimes ressources, le roi victorieux se saisit de la hache de son ennemi et le décapita. Puis il jeta l’arme noire, se saisit de sa propre lance et vint y planter la tête énorme de son adversaire déchu.

Dressant la tête décapité vers le ciel, il planta fermement la lance dans le sol, vidant par la même ses poumons dans un gigantesque cri de victoire. L’ennemi ne comprit pas les mots de l’Eothéod, il s’agissait d’une formule ancienne signifiant « Gloire aux héros », que la tradition de l’Eomark voulait qu’on lance lorsqu’une bataille prenait fin.  

Mais même sans comprendre les mots, l’intonation était assez forte et lourde de sens pour que tous tournent la tête vers lui, et voit le corps inerte du fléau du nord. Ce fut la fin de la bataille. Ceux qui avaient été obligé de se battre sous la menace de Bjorn jetèrent parfois leurs armes à terre en signe de soumission. Ou ils se retournèrent contre leurs oppresseurs, profitant du chaos pour tuer un capitaine particulièrement sadique qui les avaient souvent foulées au pied. Les authentiques adorateurs de Morgoth et de Bjorn furent prit de panique, un petit nombre fuyant à toutes jambes. Les autres, en fanatiques, se battirent jusqu’au bout mais le désespoir alourdissait leurs bras et, incapable de cohésion et de réflexion, ils furent rapidement vaincus par les hommes du Val et de l’Eomark, renforcer par tous ceux qui avait tourné casaque à la mort du briseur de crâne.

Enfin la bataille s’acheva. Au milieu de la plaine, Leoden se tenait encore debout, tenant sa lance droite vers le ciel, dans la posture qu’il avait au moment de lancer son cri.

Et lorsque ses hommes vinrent le trouver pour le porté au diapason, ils comprirent que le chant de la victoire avait été son dernier souffle. Se sachant victorieux d’un ennemi terrible, voyant son armée prendre le dessus pour de bon, tout son labeur avait soudainement ressurgit et son corps brisé, qui ne tenait plus que par sa volonté implacable, s’était retrouver sans ressource. Alors la vie l’abandonna, ses mains fermes encore cramponnées à sa lance, si bien qu’il resta debout malgré tout.

Et sur son visage couvert de crasse, de sueur et de sang, il y avait un sourire serein.

Tous pleurèrent. Hommes du Val et de l’Eomark, ils pleuraient autant la chute du Roi des Ours que celle du Roi des Chevaux. Et jamais victoire n’avait semblait si amère car sur les 25.000 guerriers, un cinquième seulement était encore debout.

Les anciens racontent que sur le lieu de cette bataille se dresse désormais un temple. En son sein, ériger sur un piédestal, une statue représente Leoden, tenant fièrement une reproduction de Sleatiarna d’argent et d’or. Et sur le fer de cette lance se trouve piqué le véritable crâne de Bjorn, portant encore son casque trollesque.

Lorsque la mort de Bjorn fut connue, le reste de ses armées fut anéanti, subissant le même sort que dans l’Eomark. Durant de long mois les seigneurs des peuples libres, Menethil en tête, menèrent campagne contre les restes de cette armée terrible. A la fin de l’année, elle n’existait plus.

A partir de cet instant, le Val et l’Eomark se firent plus proche que jamais, les deux héritiers menant des politiques communes. Ragnar se maria à Isilmë et leur propre descendance se maria à celle de la maison de Maelor. Si bien qu’une génération plus tard, les deux peuples n’en formait désormais plus qu’un, unis, puissant et florissant. Et jamais plus le Gondor n’eut à craindre pour les champs du Calenardhon, sa frontière nord était bien gardée.
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MessageSujet: Re: [Récit] La fureur du nord. Dim 8 Oct - 18:29

A noter que cette invasion stoppa son avancée à la première cité. Faute d'avoir eu le moindre archers ou même unités à distance dans ses rangs. Alors qu'en face il y a des hommes et des elfes prêt à écraser l'adversaire.
Ce puissant Bjorn, n'a malheureusement pas eu le soutien tant attendu des forces du Mal Razz

sans quoi en ce qui concerne ton récit il est très sympathique pour ne pas dire typique des grandes plumes. J'aime particulièrement les descriptions du décor.

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MessageSujet: Re: [Récit] La fureur du nord. Dim 8 Oct - 18:58

Je n'étais déjà plus la lors de l'event hélas. Le décès de mon oncle m'avait mis un sérieux coup au moral et j'avais stopper le jeu, je ne savais donc pas comment cela avait fini.

Mouais... Ma version me semble quand même avoir plus de panache. :p

Merci pour le compliment en tout cas. Etre qualifié de "grande plume", cela me va droit au coeur. Wink
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MessageSujet: Re: [Récit] La fureur du nord. Dim 8 Oct - 19:34

Bah la piètre plume que je suis ( et c'est un fait) peu au moins d'instiguer cela. Heureusement j'arrive à compenser XD

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MessageSujet: Re: [Récit] La fureur du nord. Mar 10 Oct - 9:02

Bjorn mon amouuuuuur <3<3<3<3

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MessageSujet: Re: [Récit] La fureur du nord.

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[Récit] La fureur du nord.

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