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[Forge FB] Un Roi Forgeron.

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Roi de Belegost
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MessageSujet: [Forge FB] Un Roi Forgeron. Sam 4 Nov - 0:16

Faisait-il jour ou nuit ? Glorim, ou plutôt Azaghâl, l’ignorait. Et en vérité, il n’en avait cure. Le cycle du jour et de la nuit est quelque chose d’assez secondaire lorsque l’on vit au cœur des montagnes. Et les enfants d’Aulë ne redoutaient pas les ombres.

Ce qui importait, c’était la date. Elle avait quelque chose de spéciale, d’unique. Cela faisait 30 ans, jour pour jour, qu’Azaghâl avait reçu son nouveau nom ainsi que sa couronne.  Trois décennies durant lesquelles il s’était dévoué tout entier à son peuple, abandonnant la majorité de ses loisirs et plaisirs pour accomplir la grande tâche qui était la sienne. Négocier des traités, rendre la justice, établir des lois, décider de la taille des armées, de l’importance des stocks de vivre, de la hauteur d’une simple galerie, parfois. Autant de taches et de décisions qui accaparaient le jeune nain.

Si bien qu’il avait du plus ou moins abandonner son plus grand plaisir, l’art ou il excellait plus que nulle part ailleurs. Depuis des années, Azaghâl ne descendait plus jusqu’aux forges profondes. Il avait bien fabriqué des bijoux et des jouets ici et là, les offrants à son épouse ou à ses enfants pour leurs anniversaire, ou encore à ses plus loyaux sujets tel Kimril. Mais ce n’était que babiole face au Grand Art qu’il avait autrefois pratiqué.
Hors, en cet instant, le souverain ressentait l’appel de la forge. Impérieuse et absolue. Ses conseillers lui parler mais aucun mot n’atteignait son esprit. Aucune image ne passée la barrière de ses yeux. Il n’y avait que le bruit du marteau sur l’enclume et la couleur du feu et du fer que l’on porte au rouge.

Dans la salle du conseil de Gabilgathol, une discussion véhémente avait lieu. Certains Khazad étaient d’avis qu’il était temps d’étendre le territoire en bâtissant un avant-poste loin dans le nord des Ered Luin, afin d’être rapidement avertit si le siège d’Angband venait à échouer. D’autres, n’en voyaient pas l’intérêt au vue de la situation, arguant que ce serait une dépense de temps et d’argent inutile. Après tous les Elfes tenaient bon depuis des années, pourquoi cela devait-il changer ?

Mais Azaghâl n’entendait pas la dispute. Droit sur son siège, immobile comme une statue, ses yeux semblaient regarder dans le vague. Il ne voyait plus l’assemblée. Dans son regard, comme venue d’une inspiration mystique, il y avait un marteau. Un marteau de guerre, puissant et terrible. Cette forme vague l’obsédée, il n’arrivait plus à le sortir de ses pensées, il ne parvenait pas à reprendre le fil de la conversation. C’était comme si une volonté impérieuse voulait qu’il forge cette arme. Plus les minutes passaient, plus l’arme semblait net dans son esprit.

Il le voyait, disposant d’un manche court pour être utiliser à une main Ce manche serait en acier ou en argent pour en garantir la solidité. Au bout de ce manche, une lanière de cuir lui permettrait de l’accrocher à sa ceinture afin de l’avoir toujours sur lui. La tête du marteau elle-même lui apparut. Elle avait la forme d’un pavé classique, fondu et forgé dans un alliage d’argent et de mithril afin de le rendre presque incassable, ainsi  aucune cuirasse ennemie ne pourrait lui résister. Sur cette tête, il y aurait des runes et des gemmes pour lui octroyer puissance et grandeur. Désormais, le seigneur des lieux visualisait parfaitement sa future création. Elle était tangible.
Soudain il revint à lui. Les nains, toujours aussi fougueux, étaient en pleines vociférations et n’étaient pas loin de se jeter leurs pintes de bière au visage.  Alors le roi de Gabilgathol frappa rudement du poing sur la table.

- ASSEZ. Cette réunion est ajournée. Je dois me rendre aux Grandes Forges.

Tous le regardèrent ébahis et visiblement très surpris. Les Grandes Forges portaient bien leur nom : il s’agissait de l’endroit où étaient forgées les meilleures armes et armures. Les fourneaux les plus profonds et les plus chauds de la cité, que bien peu de nains voyaient de façon régulière et que presque aucun autre peuple n’avait jamais vu. Il existait toute une série de forges secondaires de plus petites tailles ou étaient fabriqués des breloques. Jouets, bijoux de faible valeur, objets et outils du quotidien, arme de qualité inférieure. Mais les trésors du peuple de la montagne, ses chefs d’œuvres, ils venaient tous des Grandes Forges, un lieu de haute importance pour un peuple vénérant un dieu forgeron. Elles avaient un caractère sacré.
Enfin l’un des nains présent prit la parole.

- Mais enfin majesté, pourquoi ? Elles sont au cœur de la montagne, il vous faudrait plusieurs heures en partant d’ici… S’il y avait un problème aux forges, nous l’aurions su.
- Pourquoi ? Parce que je suis Azaghâl et que cela est mon bon plaisir. Les affaires courantes iront très bien d’elles même et aucune décision capitale n’a à être prise aujourd’hui. Je me rends aux Grandes Forges et j’entends que nul ne me dérange temps que je n’en serais pas revenu.


Bien que profonde pour des représentants d’autres peuples, sa voix était encore assez juvénile pour un nain. Mais sa façon d’être irradier le roi qu’il incarnait, imposant silence et respect à tous. Plus qu’aucun autre Khuzd de Gabilgathol, Azaghâl était un adorateur de Mahal, le Grand Forgeron qui, dans la nuit des temps, avait enfanté le peuple de Durin. Quand bien même le Vala vénérait lui-même Eru, le seigneur de Belegost ne vouait sa religion qu’à son seul créateur.

Voyant que plus personne n’avait rien à redire, il se leva et se dirigea vers la sortie. En vérité, chacun des membres de l’assistance avait en tête les présages du passé. Dans sa jeunesse, leur roi s’était révéler un habile forgeron que l’on disait béni de Mahal lui-même. Si bien que s’il avait décidé qu’il devait se rendre aux forges, personne n’irait contre sa volonté. Cela ne se faisait pas d’empêcher un monarque de faire ce qui lui sied. Et cela se faisait encore moins d’empêcher un forgeron de pratiquer son art quand le Grand Créateur lui-même semblait lui en intimer l’ordre.
Il se rendit donc aux Grandes Forges. Le trajet fut long, le naugrim descendant des marches innombrables, se dirigeants de mémoire dans un dédale de galeries et de coursives, traversant des structures défensive aussi belles que redoutables. Devant lui, chacun s’inclinait sans dire un mot car il y avait une lueur étrange dans son regard, comme s’il était dans un état second, sous le coup d’un quelconque charme.

Il atteignit enfin les Grandes Forges, ordonnant aussitôt qu’on lui laisse la plus importante de toutes. Elle était immense et si chaude qu’on aurait dit le cœur d’un volcan. La résidait l’un des secrets de la résistance du peuple des nains : après avoir passé des années à travailler au cœur d’un brasier si ardent, les guerriers nains étaient capable de résister à la chaleur même du feu d’un dragon là ou tous les autres se devaient de reculer. Ils mourraient par le feu tout autant que les autres mais jamais la chaleur d’un brasier sans contact direct ne pouvait les stopper.
Le roi souterrain retira une partie de ses vêtements, se mettant torse nu. Puis il manda ses outils, sur lesquels des runes étaient gravés afin qu’ils ne forgent que le meilleur.  Puis il se lança dans une litanie qu’il avait apprise bien des décennies plus tôt. Une prière à Aulë lui-même que tous les grands forgerons réciter avant de se lancer dans leur labeur. Elle était écrite en Khûzdul et c’est en Khûzdul qu’il la récita. Il aurait été difficile de la traduire dans une autre langue, en voici une approximation :

« Roc et pierre,
Feu et braise,
Chant et fer,
Terre et glaise,

Frappe l’acier,
Taille le diamant,
Tresse l’osier,
Voici ton sacrement. »

Et il répétait ces quelques mots sans cesse alors qu’il jetait les matériaux dans le chaudron pour faire fondre ce qui deviendrait la tête de son marteau. Il réclama un peu de mithril qu’il mélangea à de l’argent, comme dans sa vision. Et alors qu’il regardait le métal fondre lentement, toujours il récitait sa prière à Aulë, sentant presque ce dernier se pencher par-dessus son épaule, comme un maître guidant son apprenti. Bien rapidement, nombres de nains formèrent un demi-cercle respectueux autours de leur roi. La rumeur courait déjà : Azaghâl était aux Grandes Forges, ou on ne l’avait plus revu depuis des années. Et il n’était pas là pour une inspection mais pour pratiquer son Art. Sur sa tête, le diadème qui lui servait de couronne jetait des reflets alors que les flammes y dansaient comme un miroir, la gemme sublime rappelant à tous les mots du défunt Farim lorsque son fils vint au monde. « Puisse Mahal te bénir sept fois ».

Lorsque le métal en fusion fut prêt, une décision nouvelle le fit fondre l’arme en un seul tenant. Habituellement les marteaux disposaient d’une tête en métal que l’on fixait à un manche amovible. Mais celui-ci serait coulé d’une seule pièce, le rendant bien plus solide. Conçu pour être utilisé d’une seule main, il était d’une taille semblable aux épées naines.

Il fallait désormais attendre plusieurs heures que le métal redeviennent manipulable, atteignant un état ou il redevenait solide tout en restant malléable. Durant ces heures, Azaghâl resta dans la forge, récitant encore et toujours sa prière. Il en profita pour choisir des pierres précieuses magnifique qu’il brisa en maints morceaux plus petites, avant de les taillés avec précision et d’en polir chaque facette. Cette étape fut des plus longues et plusieurs fois on vint le priait de prendre du repos ou une collation. Il ne répondait même pas, ne semblant pas voir ceux qui l’entourait. Tout au plus acceptait-il une boisson de temps en temps pour compenser la sueur qui ruisselait sur son torse et son dos.

Enfin le métal atteignit la température idéale. Alors, le déposant sur une enclume, Azaghâl se mit à le battre, façonnant de sa main la forme finale de l’arme, gommant avec la précision d’un orfèvre la moindre imperfection. La tête du marteau devint un pavé parfait, suffisamment gros pour offrir une large surface de frappe tout en restant léger grâce à son alliage. Bien souvent il trempa sa création, la réchauffant ensuite, atteignant la composition parfaite pour obtenir le meilleur du mithril. Si bien que sans que nul ne s’en rende compte, trois journées entières passèrent sans que le nain ne s’arrête, si ce n’est pour étancher sa soif.

Lorsqu’il fut satisfait de la forme et de la matière, il incrusta les gemmes préparées à l’avance si bien qu’à la lueur des flammes s’ajoutèrent celles des pierres précieuses dont les reflets emplirent de courage et de fierté tous ceux présents.

Alors commença la partie la plus délicate. Se saisissant d’un poinçon, il entama la gravure des runes qui avaient faits la réputation de son peuple. Dans l’alliage encore malléable, il inscrivit des mots de puissance et de courage, insufflant à l’arme une partie même de ce qui faisait sa propre personne. Le monde n’existait plus, seulement la forge. Le marteau n’était plus un simple outil de guerre, il était l’incarnation physique ce qui était l’âme du peuple d’Aulë.

Lorsqu’il traça le dernier trait, les runes s’illuminèrent de leurs propres grès, comme si le métal était encore rouge. Lorsque la rune de courage prit vie, les reflets des pierres précieuses s’intensifièrent encore, projetant des rayons lumineux tous azimuts et la moindre lueur légère était capable de devenir un véritable rayon de soleil quand elle se reflétait sur cette arme. Si bien qu’Azaghâl du par la suite prendre grand soin de couvrir son marteau lorsqu’il ne désirait pas être repérer dans l’obscurité. Car même la faible lueur des étoiles suffisaient à faire de sa création un brillant point de repère, faisant naître le courage dans le cœur des plus accablés.
Il y avait là également une rune de puissance, inscrivant au cœur de l’argent mêlée de mithril la grande force des montagnes et de la terre. Enfin, il fit des encoches dans la base du manche, avant d’enrouler une cordelette noir en se servant de ces encoches, créant ainsi une poignée confortable mais qui ne glisserait jamais de sa main. Pour finir, il fixa la lanière de cuir qui lui faciliterait le transport de l’objet.

Puis il plongea le tour une dernière fois dans l’eau, achevant le refroidissement dans une ultime récitation de sa litanie. Alors, il se saisit du marteau et se dirigea vers son enclume. Levant le bras, il resta quelques secondes à observer sa cible. Puis il abattit son arme et un grand flash lumineux apparut lorsqu’il frappa la fonte de son œuvre. L’enclume vola en éclat, pulvérisée par le choc qui fut tel que chacun pu sentir le sol trembler légèrement sous ses pieds. Si un orque avait reçu le coup, nul doute qu’il aurait été projeté à plusieurs mètres.
Un brouhaha ébahit circula au sein des Khazad qui faisaient cercle autour de leur roi. Ils avaient tous conscience d’avoir vu la naissance d’un arme qui resterait dans les mémoires, un objet comme peu de forgerons peuvent en faire.

Semblant soudain revenir à lui, Azaghâl se retourna vers son peuple et il leva bien haut sa création.

- Voici le marteau du destin. Que nos amis cherchent sa lumière car nos ennemis la craindront !

Soudain, il manqua s’effondrait, arrivant à la limite de ses capacités physique. La volonté l’avait maintenu debout dans cette chaleur intenable mais son labeur désormais à son terme, il lui fallait du repos. Sombrant dans une quasi inconscience, il fut portée par ceux de sa garde personnelle jusqu’à ses quartiers. La procession fut lente et précédé de nombreux nains qui chantaient mille louanges sur leur souverain tout en exhibant sa création, si bien qu’au passage du forgeron endormi, tous criaient « Azaghâl Roi ! » en une ferveur intense. La prophétie s’était accomplie et ils voyaient désormais l’avènement de l’envoyer d’Aulë lui-même, l’incarnation du Roi Forgeron, aussi habile au travail du métal qu’à la bataille.

Et dès ce jour, l’arme personnelle d’Azaghâl fut connue sous le nom de Marteau du Destin en Khûzdul. Mais comme le voulait la tradition, ce nom-ci ne fut presque jamais révéler pour d’autres oreilles que ceux des Khazad. Pour les autres peuples, ce fut sa traduction en Sindarin qui prévalut et le marteau fut connu sous le nom de Darnmanadh.
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