Forum rpg sur le Silmarillion de J.R.R. Tolkien
 

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[PO FB] Trésor de guerre.

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Roi de Belegost
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MessageSujet: [PO FB] Trésor de guerre. Jeu 9 Nov - 23:38

C’était une froide nuit d’hiver de l’an 455 du 1er âge.  Le monde était en paix, du moins autant que possible après  4 siècles de siège permanent contre Angband. Sur les versants nord du Mont Dolmed, Azaghâl faisait les cents pas sur les plus hautes balustrades de Gabilgathol. Construites au plus abrupte du géant de pierre et presque inatteignable depuis les contreforts, elles n’avaient pas d’autre rôle que de fournir un point d’observation sur les alentours. Néanmoins, des soldats y montaient la garde en permanence, juste au cas où. Pour leur confort, les nains avaient disposé des braséros à intervalle régulier et ils y maintenaient des feux aux heures les plus froides de la nuit.

Alors qu’Azaghâl se réchauffait les mains près de l’un d’eux, un étrange murmure commença à circulait sur le rempart. Les soldats s’étaient tous rassembler dans un point précis, semblant observer le nord. « Je te dis que cela vient du Thangorodrim ! » disait l’un des nains.

Lorsqu’il entendit cela, un frisson parcouru le dos de roi de Belegost. Toute sa vie, son père l’avait mis en garde, prévoyant qu’un jour viendrait ou le peuple d’Aulë ne pourrait plus se contenter d’attendre dans ses cavernes. Il était mort depuis près de 40 ans, pourtant son héritier entendait encore sa voix comme s’il était là pour lui murmurer à l’oreille.  

Le seigneur des lieux s’approcha donc du groupe de soldat, tous s’écartèrent en le voyant approcher, pointant un étrange spectacle de la main.

« Messire, il se passe des choses à Angband ! » lança l’un d’eux.

Il ne répondit rien, se contentant d’observer longuement. Il n’y avait pas de doute, cela venait des terres du Grand Ennemi. D’expérience, Glorim savait que de jour et par temps dégagé, il aurait pu voir les lointaines montagnes élever par Melkor autrefois. En cette sombre nuit, il n’y avait qu’une lueur rougeâtre, comme si la terre avait ouvert ses entrailles pour déverser son sang magmatique sur le monde.

Au bout d’un temps interminable, il se tourna vers le soldat lui ayant adressé la parole en dernier.

«  Redwin, c’est bien ton nom ? » Le garde hocha la tête, visiblement toucher que son roi se souvienne de ce détail. « Cours jusqu’au corps de garde principal. Fait battre les tambours. »

Puis il se tourna à nouveau vers l’horizon, le regard dans le vague.

« Le siège d’Angband a prit fin. Il nous faut marcher au-devant du destin ou le destin marchera au-devant de nous. » Puis il resta à nouveau dans son observation silencieuse.

Redwin fut si stupéfait qu’il en lâcha sa hallebarde, partant à toutes jambes exécuter les ordres de son suzerain. De longues minutes passèrent puis soudain le grondement sourd des tambours de guerre se fit entendre, son écho surgissant par les portes ouvertes qui menaient au cœur de la cité par maintes galeries et maints escaliers.

Plus le temps passait, plus le bruit était puissant, à mesure qu’il était répercutait dans toute la cité par les différents postes. Ils battaient une cadence lente et longue, un rythme que l’on avait jusqu’alors jamais entendu à Belegost, si ce n’est que dans les rares occasions ou les troupes en faisaient la répétition. C’était un appel. En faisant battre ce tambour, le roi de la cité envoyer un signal à son peuple : Gabilgathol était en guerre.

Les heures qui suivirent furent frénétique, alors que l’on rassemblait à la hâte autant de combattants que possible. La cité disposait d’une armée permanente, dont la Garde Royale était la composante principale. Néanmoins, en ces temps de lutte, la majorité des nains apprenait le maniement des armes afin de pouvoir s’assembler en une armée cohérente rapidement. Cette tradition martiale et le savoir-faire légendaire des enfants d’Aulë en matière de forge faisaient d’eux l’un des peuples les plus redoutables des terres du milieu. En ce temps ou le monde était jeune, il n’y avait que les elfes pour rivaliser à nombre égal.

Dès l’aube, la porte principale de la cité s’ouvrit, libérant un flot de plusieurs centaines de nains, tous équipé pour la guerre.  Ils prirent aussitôt la direction du nord, marchant d’un bon pas que leurs petites jambes ne laissaient pas soupçonné. A leur tête, Azaghâl avait revêtu ses atours de bataille. Il portait une armure complète en mithril et sous celle-ci, une cotte de maille de la même matière venait assurée une seconde protection. Son bouclier étincelant était d’argent et à sa ceinture pendait Darnmanadh, que personne encore ne connaissait sous ce nom, hormis les nains.
Ils marchèrent ainsi plusieurs jours, maintenant un rythme cadencée qui leur permettait de préserver leurs forces pour les combats à venir. Alors qu’ils approchaient, la troupe commença à croiser des files de réfugiés fuyant les terres du nord. C’est ainsi qu’Azaghâl eut connaissance du drame. Le siège d’Angband était effectivement rompu, des torrents de laves s’étant déversé sur la plaine d’Ard-galen. Les fils de  Fëanor et leurs alliés étaient dispersé, nul ne sachant même s’ils avaient survécus. Partout, les armées humaines et Noldor reculaient devant les légions de Morgoth.

Dès cet instant, les nains forcèrent le pas, comprenant qu’il était déjà trop tard pour sauver bien des choses mais espérant pouvoir être encore utile.

Ce fut dans cette ambiance de fin du monde que le premier véritable acte de guerre de l’histoire du peuple nain eut lieu.

Ils remontèrent plus au nord, suivant les contreforts des Ered Luin au-delà de leur propre territoire, marchant vers les terres de Lothlann.

Dans ces environs, ils tombèrent sur une partie de la débâcle, en plein milieu de la nuit. Un large contingent d’elfes et d’hommes tentaient de distancer des serviteurs du noir ennemi. Des orques donnaient la chasse, arrosant les fuyards de flèches et les noyant sous le nombre dès qu’ils essayaient de reformé les rangs.

Le courage avait abandonné les Eldars en même temps que l’espoir et si leurs lames s’abattaient encore, ce n’était que par réflexe.

Soudain, droit devant eux, ils virent une lumière intense, capable de pénétré les ténèbres qui régnait sur la plaine. Cette lumière révéla des ombres en rang sérré, et toutes scintillés alors que Darnmanadh faisait moiré la lumière des étoiles sur les armures de l’armée naine. Des cors retentirent, des tambours furent battus et, au milieu de ce champ funeste, nombres d’hommes et d’elfes entendirent un cri dans une langue qu’ils ne connaissaient pas.

Alors qu'il voyait ce drame qui se jouait devant lui, Azaghâl leva son marteau et les puissantes runes qui s'y trouvaient brulèrent de mille feux, embrasant les cœurs les plus démunis. Alors, inspirant au maximum, le roi de la montagne cria les mots de guerre de son peuple. « Baruk Khazâd ! Khazâd aï-menu ! » Et il le répéta, encore et encore, alors qu’il s’élançait sur l’ennemi. Son armure ne le ralentissait presque pas, la légèreté du mithril étant aussi légendaire que sa résistance. Si bien qu’il se retrouva rapidement en pointe de ses troupes, suivit seulement par les membres de sa garde qui disposait du même type d’armure.

Lorsqu’ils comprirent que cette nouvelle troupe était là pour les secourirs, elfes et hommes sentirent l’espoir revenir en eux, alors que la lumière de Darnmanadh ravivait leur courage. Les orques comprirent aussi et une pluie de flèche s’éleva en direction de la pointe naine. Plusieurs vinrent ricochées sur l’armure du roi qui n’y prêta aucun attention, continuant de courir en lançant son cri de guerre, qui était désormais reprit par sa troupe entière, véritable vrombissant semblant vouloir tout ravager sur son passage.

Puis Azaghâl fut enfin au contact avec les orques. L’un d’entre eux se rua sur lui, levant une sorte de cimeterre pour décapiter le nain. Lorsque le marteau du roi s’abattit sur le torse de la créature, il y eut comme un flash lumineux et la cuirasse fut broyer alors que le gobelin était projeter plusieurs mètres en arrière, emportant deux de ses comparses dans son sillage.

Devant cette scène inattendue et face à un ennemi qu’ils ne connaissaient pas, les troupes de Morgoth eurent un instant d’arrêt, hésitants. Ce fut l’instant de trop. Le reste des gens de Belegost arriva sur eux et la bataille changea radicalement de visage.

Les elfes et les humains se joignirent alors au combat aux côtés du petit peuple, si bien qu’Azaghâl cessa de parler Khûzdul et prononça ses ordres en Sindarin. Ils furent suivit sans hésitation, chacun des rescapés ayant compris qu’ils avaient affaire à un personnage des plus importants, d'autant plus que le roi avait fixé son tiare royale sur son casque, révèlant son statut de seigneur.

La bataille dura plusieurs heures. Durant ce laps de temps, Glorim ne cessa jamais d’être au cœur de l’action, entourer de ses plus proches protecteurs, il frappait d’un côté et de l’autre, projetant ses ennemis, ouvrant de large brèches dans leurs rangs. Si bien qu’assez rapidement la panique submergea les orques et chacun d’eux prenait la fuite à l’approche du seigneur de Gabilgathol, exposant son dos à un péril mortel.

Lorsque le soleil se leva, les rares orques survivants avaient pris leurs jambes à leur cou, propageant rapidement la rumeur de ce guerrier nain à la force si incroyable que nul ne pouvait lui tenir tête. Les corps de leurs camarades eux, furent brulé au petit jour. Les nains morts durant la nuit eurent un autre traitement. Leurs frères placèrent les dépouilles à l’abri des charognards, jurant de revenir les chercher lorsqu’ils seraient sur le chemin du retour.

Elfes et hommes, eux, remercièrent infiniment les nains. Ayant oublié leur lassitude, ils en profitèrent également pour faire un rapport de la situation à leur sauveur. Il paraissait évident qu’Ard-Galen était perdue et chacun des capitaines des peuples libres essayer désormais de se positionné sur une nouvelle ligne.  Himring tenait bon mais au nord de la cité, l’ennemi était désormais le maître. Azaghâl décida alors de son plan de bataille. Il n’avait ni les effectifs ni les moyens d’une longue guerre, ayant quitté Belegost au plus vite.  Il resterait donc en campagne suffisamment longtemps pour attirer autant d’ennemi que possible à ses trousses, offrant un peu de répit aux armées elfique et humaines, sans laisser le temps à l’ennemi de rassemblée une vaste légion pour l’écraser.

Et c’est ainsi que les nains connurent plusieurs batailles dans les semaines suivantes, usant des renseignements qu’ils pouvaient glaner pour rattraper tout groupe à leur portée et évitant toute armée trop importante pour être vaincue.  Parfois, la simple vue de Darnmanadh suffisait à semer la confusion dans les rangs adversaires, signe de la réputation toujours grandissante de son porteur. Mais vint le moment ou les nains durent faire demi-tour, à regret. Ils avaient eu bien des morts et plus encore de blessés et l’heure n’était plus à la bravoure. La situation semblait s’être stabilisée, l’ennemi ayant perdu une grande partie de ses forces dans la conquête de la trouée de Maglor.

Il était l’heure de regagner Belegost. Fidèle à la parole donné, les survivants retournèrent chercher les corps de ceux n’ayant pas eu cette chance. Sur le retour, l’armée fit halte dans les ruines d’un camp fortifié ayant visiblement appartenu aux elfes. De nombreux corps s’y trouvaient et les nains offrirent une tombe à chacun. Ils se recueillirent, priant Mandos de bien traité les âmes des morts dans ses cavernes.

Ils en profitèrent également pour rassembler tout ce qui n’avait pas été emporté ou pillé. Il y avait quelques quantités d’armes et d’armures ainsi qu’un coffre contenant de nombreuses pièces d’or. Sans doute avait-il appartenu à une caravane passant par là au moment de l’attaque ou bien à la garnison elle-même. Que fallait-il faire de ce butin ? Himring n’était pas très loin, il ne couterait pas grand-chose aux nains de faire un détour. Mais alors que son regard se perdait sur l’or, Azaghâl prit une autre décision.

«  Le rendre aux elfes ? Mais ils sont partit sans l’emporter, non ? Et n’avons-nous pas nous même subit bien des souffrances et endurés bien des sacrifices pour arriver jusqu’ici ? Ce qu’un Khuzd trouve, un Khuzd le garde. Tout cela nous reviens de droit, nous l’avons gagné par le sang et la bravoure, pour la défense du Beleriand. »

Car bien qu’il fut bon et généreux, il n’était pas exempt des défauts de son peuple et l’avarice lui disait que lui et ses braves avaient mérité ce salaire. Ils étaient sortis de la montagne sans que nul ne demande rien, sauvant nombre de vies et sacrifiant les leurs. En cet instant, le Haut Roi des elfes auraient pu lui-même réclamer ce trésor qu’Azaghâl le lui aurait refusé.

Dès le lendemain, la troupe se remit en route. Ils regagnèrent leurs salles de pierre sans encombre. Glorim ordonna alors la construction de nouvelles voies sous Belegost. Elles conduiraient à un immense mausolée ou chaque mort à la guerre aurait son tombeau et son autel. Car le roi savait que son action était un affront pour le Grand Ennemi et qu’il ne serait pas oublier. Le destin des Torses-larges étaient désormais intimement lié à celui du Beleriand entier.
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