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[EVENT] Forge: la Lance de Nogrod

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Grand Forgeron
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MessageSujet: [EVENT] Forge: la Lance de Nogrod Sam 11 Nov - 0:54

Telchar avait préparé ses premiers croquis il y a un mois déjà, au profit d’une nuit blanche, à la lumière déclinante de quelques bougies de cire. Fier de son travail, il l’avait laissé décanté quelques temps. Il procédait toujours de la même façon quand il s’agissait de créer un artefact exceptionnel. Il ne suivait alors que son instinct, une faible intuition lui indiquant qu’il était temps. Il réalisait alors ses croquis, et les laissait reposer. Suite à cela, il s’y attachait de nouveau quelques temps plus tard. Encore une fois, c’était son intuition qui le ramenait à ce travail si personnel et intense. Il corrigeait alors les croquis, en réalisait de nouveaux, déchirait les premiers… Puis il laissait de nouveau reposer. Ce petit manège pouvait avoir lieu encore de nombreuses fois avant qu’il commence réellement à forger, toujours mu par cette pensée qui ne lui appartenait pas réellement. Et aujourd’hui était le grand jour. Il sentait que c’était l’heure. L’heure de forger ce qu’il visualisait en croquis depuis déjà un mois. Cette fois ci, il était habillé simplement. Il avait son tablier de forgeron, un banal tablier accroché derrière la nuque et sans manches, d’un marron foncé sale, et recouvert de traces de brûlures, d’estocades lui donnant toute sa personnalité. Il ne l’aurait échangé contre rien au monde. Il portait en dessous de ce tablier une simple chemise blanche à manches longues, pour protéger ne serait ce qu’un minimum ses avants-bras des jets de métal en fusion. Mais avant d’aller à la forge, il avait quelque chose à faire. Quelque chose d’important.

Il faisait nuit, et pour ne pas réveiller le véritable amour de sa vie qui dormait juste à côté, il était sorti de la pièce sur la pointe des pieds. Cet amour de la forge était à la fois une bénédiction et une malédiction, l’envie pouvant arriver à n’importe quel moment. Après s’être habillé, il passa devant l’autel familial dédié à Aulë. Il faisait la taille d’un Nain à peu près, et représentait l’acte de création d’Aulë en pierre sombre. On le voyait d’un côté créer les Nains,et l’autre face que l’on ne regardait jamais par superstition qui montrait Aulë sur le point de tuer ses enfants. Telchar adorait cette histoire. Celle d’un gamin qui désobéit à ses parents et va forger : Celle du Vala qui désobéit à Eru pour accomplir son rêve : créer ses propres êtres, ses enfants, à qui il apprendrait à son tour à créer. Comme à chaque fois, Telchar improvisa une prière différente pour Aulë en fonction de ses problèmes du moment :

Ô Aulë, Créateur
Regarde tes enfants, ceux que tu voulaient, ceux qui t’honorent
Aujourd’hui ils te remercient pour leurs existences
Et le meilleur des cadeaux pour un être tel que toi
Grand créateur, Père de la forge
C’est de créer à notre tour
Quelque chose dont tu seras fier
Te rendant honneur sans jamais t’égaler
Car tu es le Grand Créateur.


Suite à quoi il médita sur ses paroles, sur lui-même, sur sa création à venir ainsi que sur Aulë. Au bout d’un certain temps, il se sentit prêt. Il s’était entouré, lui et l’esprit d’Aulë, dans une gangue protectrice, et personne, aucune parole ou aucun geste n’aurait pu les détourner de leur objectif. La forge.

Telchar ne se rendit pas vers sa boutique. Non. Il l’aimait et il se reconnaissait dedans, une habitation à sa taille, avec une belle forge… Mais si il voulait forger une arme digne d’un Vala, il devait aller à la Grande Forge. Il continua donc de marcher dans les rues désertes, faisant résonner ses bottines dans cet immense silence. Il arriva alors aux bas des quelques volées d’escalier qui menaient à la Grande Forge. Ils étaient, comme à toute heure du jour et de la nuit, surveillé par quelques gardes de la cité. Cette fois-ci, un seul garde avachi était au poste. Reconnaissant Telchar, il se redressa et le laissa passer. Telchar gravit les escaliers, des chefs-d’œuvre de maçonnerie, en marbre blanc incrusté de pierreries diverses. Enfin il arriva devant les lourdes portes, toujours fermées, de la Grande Forge. Sortant une gigantesque clef de sa poche, il l’introduisit dans une petite porte annexe, à la gauche des vrais portes. La pièce suivante ne contenait qu’un levier, que Telchar abaissa et qui fit coulisser avec grand bruit les portes colossales. Seul Ernilist, Telchar et quelques autres conseillers importants possédaient cette clé. Les portes entièrement réalisées en or, et finement gravées, relataient l’histoire de la civilisation Naine, des sept pères et de leur création au sommet des portes, jusque à l’époque de la création des portes de la Grande Forge elle-même, par le maître de Telchar, Gamil Zirak. Au centre, là où les portes se séparaient, était représenté l’histoire des Barbes-en-Feu, et sur chaque côté trois autres des peuplades de Nains étaient tour à tour à l’honneur. En temps normal Telchar aimait contempler ces portes de longues minutes, mais pas cette fois. La forge n’attendait pas.

Il arriva devant la Grande Forge, aussi imposante par la taille que l'était les portes. C’était une salle gigantesque, d’autant plus pour des Nains. Elle faisait à elle seule la moitié de la taille du palais de Nogrod environ. Elle était constitué d'un grand brasier central, éteint cette nuit. Sur une longue table adossé au mur de gauche en rentrant et suspendu par des crochets sur ce même mur traînait une collection impressionnante d'outils de forge variés. Telchar avait déjà avec lui son marteau. Il était enchanté avec une rune de robustesse pour résister dans la chaleur extrême que nécessite le mithril, et plus simplement pour résister contre la dureté du mithril lui-même. C’était son marteau, il s’en servait à chaque outil forgé, du simple ustensile de cuisine à l’arme la plus raffinée. Il alluma d'abord le gigantesque brasier à l’aide de la torche conçu à cet effet et au gros soufflet installé non loin. Le temps que la chaleur monte, il sélectionna avec attention ses outils dans la grande collection pour la suite, et les fourbit sur divers appareils pour les rendre comme neuf. Il se dirigea ensuite vers un autre coin de la pièce, où l'on trouvait toutes les matières premières. Le mithril était encore sous clef, dans un grand coffre. C'était la reserve de mithril de la Grande Forge, on l'utilisait rarement et on la remplissait immédiatement après usage. Telchar ouvrit le grand coffre, qui abritait de quoi faire des armures complètes en mithril pour une dizaine de Nains, en posa un morceau qu'il jugea suffisant dans une brouette non loin et la poussa péniblement jusque à la forge. Le vrai travail commençait maintenant. Laissant le mithril fondre il sortit de sa poche les croquis.

Voilà de nombreuses heures que Telchar battait le mithril désormais, il l’avait purifié, puis fractionné en bout de taille qu’il désirait, et maintenant commençait à les façonner. Il arrivait dans la partie la plus intense : la pose des runes. Il s’était décidé pour des runes de courage et de robustesse pour cet artefact. Alors il commença à chanter en Khuzdül, la langue des Nains. Il chanta la force future de cette arme, il chanta la robustesse du marteau, la force et l’application du Naugrim qui la tenait, lui-même. Mais il prenait conscience qu’il n’était qu’une partie du processus, alors il chanta pour son père, le père de son père, son propre père, et ainsi de suite jusque au premier Torse-Large. Il chanta alors le courage et l’acte de création d’Aulë, et revint ainsi jusque au Commencement. Sa voix rauque d’avoir trop chanté se répercutait sur les murs de pierre glacés et se mêlait au crépitement des flammes, comme si en plus de pénétrer au plus profond de l’objet les runes souhaitaient aussi se mêler à son crépitement et à toute la pièce environnante. Mais Telchar n’avait pas fini. Il repartit de la future arme et vanta alors en Khuzdül la force, la robustesse du mithril, puis des choses minuscules qui composaient ce métal. Il n’en connaissait rien, même pas le nom, mais sentait leur présence à chaque fois qu’il forgeait.

Il venait de finir d’apposer les runes sur sa création, mais il n’en avait toujours pas fini. Il continuait de fredonner, mais pour lui-même, des comptines, des ballades…  Après tant de solennité, l’heure était au repos. Le plus gros du travail avait été fait. Le bloc de Mithril avait pris forme. Telchar jetait un œil à ses croquis, dangereusement proche du feu pour du papier. Il opérait chirurgicalement. Son maître lui avait appris que chaque coup de marteau devait remplir strictement son rôle. Un coup raté c’était de l’énergie gaspillée, et il en fallait énormément pour forger correctement, de l’énergie. Il donnait donc ses coups avec parcimonie, mais force et justesse. Son maître lui avait aussi appris à agir rapidement, car des flammes ou du métal à chaud était constamment en mouvement et qu’il fallait les prendre de vitesse. Il suffisait de trouver le juste milieu.

Il avait enfin achevé la première pièce de son arme. Il prépara de quoi commencer la seconde en laissant le tout refroidir. Cette fois ci se serait plus reposant, il n’y aurait pas besoin de poser des runes sur cette partie. La rune de courage n’était utile qu’en un exemplaire et cette partie était déjà bien assez robuste. Pour l’instant, Telchar était satisfait de son travail, mais ce n’était pas le moment de relâcher son attention. Alors, toujours possédé par l’esprit d’Aulë qui le guidait durant la prière, il frappa, d’une façon forte, précise et répété.

Bien des heures plus tard, il s’arrêta enfin. Son travail était terminé avec la nuit. L’esprit de création d’Aulë le quitta et sa fatigue extrême lui revint tout d’un coup en pleine face. Il devenait vieux pour ce genre de nuits blanches. Il s’affala sur une chaise dans le coin des outils et fit un somme rapide. Quelques minutes plus tard, à peine reposé, il se releva et constata par lui-même de son travail. Le mithril était encore tiède du feu de la forge. Il prit alors les deux parties qu’il avait conçu. Il y avait là la garde d’une lance, simple bâton en alliage de mithril et d’acier soigneusement incorporés et rendu très résistant aux chocs et vibrations qu’un manche ne manque pas de subir sur le champ de bataille. Elle était droite, recouverte de motifs torsadés en gris clair sur gris foncé. Il y avait deux zones qu’il avait recouvert de cuir: les emplacements des mains, placées stratégiquement. Et il y avait la pointe de la lance, en mithril pur. Elle avait la forme d’une flamme: trois excroissances en formes de flammèches la composait : la centrale était la plus grande et finissait en une pointe redoutablement acérée et ondulée, la rendant plus douloureuse à extraire du corps d’un futur adversaire. Les deux flammèches des côtés semblaient symétriques, mais ce n’était pas le cas. Il était impossible de définir laquelle serait à droite et laquelle à gauche car il suffisait de retourner la lame pour changer son sens. L’une d’elle était recourbé et effectuait carrément un demi-tour vers le porteur de la lance, permettant d’accrocher un ennemi par le côté et de le traîner. L’autre côté était lui pointé vers l’avant, moins loin que la flammèche centrale, mais créant un recoin entre la centrale et celle ci, permettant de parer une lame adverse qui arriverait de taille. Et il suffisait d’un rapide geste de poignet pour adapter la flammèche voulue au côté que vous vouliez, l’arme étant parfaitement équilibrée. Mais le plus grand génie de cet arme résidait dans la liaison garde-lame. Un simple coulissement permettait d’accrocher la garde à la lame et de la décrocher quand on le voulait. Un système de cadenas l’empêchait de se détacher sans une poussée humaine. Cela rendait l’arme plus lourde encore, mais cette astuce absorberait une grande partie des chocs des combats, qui n’arriverait sur la garde qu’en nombre réduit

-Qu’elle est belle… Il ne me reste plus qu’à lui trouver un nom.

Alors il remit en ordre la Grande Forge, ferma ses portes à clé et rentra chez lui. Les premières rumeurs matinales s’élevaient déjà quand il arriva en centre-ville !, et il se hâta de revenir chez lui, en évitant de croiser d’autres Naugrim. Il déposa sa merveilleuse et toute neuve lance dans un coffre dont lui seul avait la clé, en se jurant de lui trouver un meilleur emplacement dès demain. Puis il se glissa dans ses couvertures et sombra immédiatement dans le sommeil.
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