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Souvenirs de fiancailles

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Grand Forgeron
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MessageSujet: Souvenirs de fiancailles Dim 19 Nov - 22:55

A l’extérieur, le soleil était à son plus haut et ses rayons inondaient le Beleriand de chaleur, de vie et de mouvement. A l’intérieur de la montagne en revanche, les Nains posaient pioches et pelles et avalaient leur casse-croûte, uniquement poussés par une faim dévorante puisque il était impossible de voir le soleil à Nogrod. C’était midi, heure de repos. Les marchands fermaient aussi leurs boutiques, les militaires cessaient leurs bruyants exercices dans les cours sablonneuses des casernes... Telchar ne faisait pas exception. Il sortait d’une matinée de dure labeur et ne s’était toujours pas remis de son voyage à Belegost, où il avait forgé avec le Roi Azaghal une épée pour un seigneur humain de passage. Il récupérait de moins en moins vite et commençait à sentir le poids des années sur ses épaules. Voilà qui était de mauvais augure...Il réfléchissait à tout ceci alors qu’il donnait le signe indiquant la pause à ses apprentis et qu’il se dirigeait vers son bureau. Fermant soigneusement derrière lui la porte menant à son jardin secret, il s’empressa de déboucher une bouteille cachée dans un de ces innombrables tiroirs. C’était un délicieux cognac de Dor-Lomin, suffisamment âgé et fort pour le faire toussoter. Après s’être enfilé deux verres d’affilé, il se décida à ranger son bureau. Il l’avait fait il y a peu mais le désordre avait repris sa place comme si il était le légitime propriétaire des lieux. Des croquis traînait ici et là, ainsi que des parchemins vierges, un encrier traînait dangereusement proche du vide… Alors qu’il rangeait ce désordre, il tomba sur une minuscule boîte en fer, gravée de petits symboles, et enfoui sous une montagne de paperasses dans un de ses tiroirs. Les inscriptions étaient en Khuzd. Et immédiatement, la mémoire revint à Telchar. Une partie de sa mémoire qui avait été oublié depuis longtemps refit surface, et un flot de souvenirs l’envahit. Il s’y sentait tellement bien, dans ses souvenirs, qu’il se laissa complètement allé, ferma les yeux et s’allongea sur sa chaise.

  La cérémonie du mariage était rare pour le peuple d’Aulë, son espérance de vie étant bien plus longue que celle des humains, et l’engagement d’autant plus fort. Cependant c’était bien un mariage qui allait être organisé pour le couple de Telchar et de Thifi. La société Naine étant très patriarcale, le protocole était particulier. La coutume voulait que ce soit la femme qui indique à son père la volonté des deux amants, mais dans la pratique, rien ne restait secret bien longtemps dans une ville de la taille de Nogrod. A la suite de quoi une rencontre était organisé entre l’amant et son beau-père. C’était le plus souvent autour d’une table. Telchar se souvint de la table en pierre blanche recouverte d’une montagne de mets somptueux, de la volaille la plus tendre aux fruits les plus exotiques. Telchar y avait découvert le goût des poires, des fruits de forme conique terriblement juteux. Il se rappela du concours de boisson exigé par le père, un commerçant de richesse moyenne. La bière coulait à flot alors. Après quoi le père qui semblait parfaitement sobre avait fait subir à Telchar un véritable interrogatoire : sous l’emprise d’autant d’alcools il était insensé d’essayer de mentir. Alors Telchar avait raconté sa vie. Puis c’était le trou noir.

  Le père avait dû juger sa résistance à l’alcool et ses conditions de vie correcte car il avait accepté. Ensuite devait venir la discussion entre les deux pères. Celle-ci était tenu secrète sous serment. Si l’un des parents venait à raconter ce qui s’y était dit le mariage était d’office annulé. On y parlait surtout de la dot que chaque famille devrait apporter, des futures conditions de vie des époux ainsi que de leurs relations. Ensuite venait le moment tant attendu : la rencontre entre les deux amants et tout leurs parents. Cette rencontre avait pour seul but d’officialiser la cérémonie et de fixer une date. Et ensuite, et bien, c’était le grand jour.

  Les barbes étaient huilées, parfumées, tressées, les coiffures réarrangées. On préparait des habits conçus spécialement pour le mariage, à savoir une longue robe noire pour la mariée, brodée d’inscriptions en Khuzd et de runes, et une espèce de veste particulière pour le marié. Ouverte au centre sur toute la longueur du torse pour montrer sa force et sa puissance, avec des manches très bouffantes d’un rouge carmin contrastant terriblement avec la couleur neutre du reste de la veste. Du noir ou du blanc, au choix. Les autres revêtaient simplement leurs plus beaux atours. La cérémonie se déroulait généralement sur une place publique décorée pour l’occasion. Le roi venait si il pouvait, car un mariage était quelque chose d’important dans une vie de Nains, et de très peu banal. Le père de la mariée récitait alors une prière à Aulë, que toute l’assemblée répétait mot pour mot. Le roi si il était présent se fendait d’un discours souhaitant tout le bonheur du monde aux mariés. Puis venait le moment qui faisait se déplacer les foules, car n’importe qui pouvait assister à un mariage. C’était les dots. Telchar se souvint de tout une nouvelle fois. Le roi qui achevait son discours et s’empressait de retourner à ses affaires, le sourire de ses parents et de son maître Gamil Zirak qui assistaient à la scène. Les éclats de minéraux précieux luisant à la lumière des torches et éparpillés partout pour rendre la scène magique. Le regard pétillant couleur émeraude de Thifi. Il aurait aimé pouvoir arrêter ses pensées sur ce pur instant de bonheur à tout jamais, mais la mémoire est un outil capricieux et la scène continua. Il se vit alors offrir à sa moitié deux splendides bagues sœurs, deux émeraudes taillées au grain enchâssés dans des ronds d’or pur semblable à l’Anneau Unique.

- Ces émeraudes ne peuvent pas dépasser tes yeux en beauté, mais laisses moi te les offrir, souffla t-il à son oreille.

Il portait toujours une de ces deux bagues. Puis ce fut au tour de Thifi, qui ramena  une minuscule boîte en fer, gravée de petits symboles. Telchar reconnut du Khuzd.

-De la part de ma famille, souffla t-elle en retour.

  A l’intérieur de la boîte se trouvait un lingot d’or pur. Impossible d’estimer sa valeur, même pour un spécialiste comme Telchar.
Après un brouhaha d’applaudissements de la part du public venait les traditionnelles épreuves. Les époux allaient devoir faire preuve de cohésion, dans des épreuves de destruction, de création, de rythme, de chant et de danse. On passa autour de leurs mains fortes respectives un cercle de métal, et on relia les deux cercles ensemble par une chaîne. Les deux époux étaient liés. Dans l’épreuve de destruction ils devaient coopérer avec cette contrainte pour casser un rocher avec une pioche. Ces jeux étaient toujours une occasion de détendre l’atmosphère, et des rires ne tardèrent pas à arriver, tant dans le public que pour les époux. La solennité de l’instant précédent avait disparu, place à la fête ! Ils durent ensuite se débrouiller pour cuisiner un plat, réaliser une chorégraphie avec les mains liés, puis chanté un refrain tour à tour sans se voir, et enfin courir les pieds liés. Toutes ces épreuves permettaient de souder une bonne fois pour toute le couple. Ensuite un banquet était organisé, et...

  Mais le flot des souvenirs se tarit ici pour Telchar, qui revint progressivement à la réalité. Ouvrant les yeux, il réalisa qu’il était à son bureau et qu’il avait laissé le temps filer trop vite. Il devait retourner à sa forge ! Mais son regard s’arrêta sur la boite en fer qu’il avait trouvé : la dot de sa femme. Il se souvint qu’il ne l’avait pas revendu comme c’était prévu à l’époque, car son commerce était déjà florissant. Il l’avait alors égaré, puis avait oublié jusque à son existence. Il rouvrit la boîte, mais le lingot y était toujours. Une telle richesse à portée de main depuis tout ce temps, il n’en revenait pas ! Il se jura d’aller revendre le lingot dès la journée finie. Après tout, c’était à lui désormais.
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