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Un Nain paie toujours ses dettes

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Grand Forgeron
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MessageSujet: Un Nain paie toujours ses dettes Lun 11 Déc - 23:42

Telchar éprouva subitement du remord alors même qu’il laissait partir les deux mercenaires Nains. Sa victime méritait-elle vraiment sa punition ? Certes, cela faisait deux ans qu’elle était criblée de dettes envers le Grand Forgeron, et voila deux ans qu’elle reportait encore un peu plus la date du paiement, alors que tout le monde savait bien qu’elle pouvait payer. Ce petit manège avait fini par lasser Telchar, qui avait engagé ces deux mercenaires pour flanquer la peur de sa vie à la victime en question, un commerçant Nain de classe moyenne, sans histoire. Il avait donné des ordres bien précis à ces deux molosses : pas de violences, juste des menaces pour le faire payer immédiatement. Mais il craignait ce qui risquait de se produire avec de tels individus : profitant de l’absence d’autorité ils pouvaient devenir violents. Aussi décida t-il de les suivre. Il venait de leur donner l’ordre de se rendre au domicile du commerçant en pleine nuit et de le réveiller. Profitant de l’obscurité des tunnels, Telchar les suivit en toute discrétion. Se collant aux parois sans un souffle pour ne pas être vu, s’accroupissant derrière des tonneaux… Mais les mercenaires restaient concentrés sur leur objectif et ne jetèrent pas  un coup d’œil en arrière. Finalement au détour d’une rue ils s’arrêtèrent, laissant Telchar dans une position inconfortable derrière un bas muret de pierre. Heureusement que personne n’était dans la rue à cette heure là, sinon il aurait été la risée de tout Nogrod ! Revenant à ses pensées, il observa les deux mercenaires s’avancer, et sonner la cloche à l’entrée de la maison. C’était une innovation crée par Telchar consistant en une cloche qu’on faisait sonner pour signaler son arrivée . En quelques mois l’objet était devenu très populaire à Nogrod. Sans un bruit Telchar observa la porte s’ouvrir, laissant la place à un visage qu’il reconnut même de loin : c’était bien sa cible. Il imagina ses yeux bouffis de sommeil envers ceux, froids et violents des deux mercenaires.

Telchar n’entendit pas la conversation qui suivit. Il était trop loin pour entendre mais si il bougeait, il serait forcément repéré par le trio. Il observa simplement et devina que le ton montait. De la colère chez le marchand et de la cruauté chez les deux cerbères, voila ce qu’il imaginait. Il avait raison. Un des mercenaires empoigna soudain le marchand et le plaqua violemment contre le mur. Le deuxième tira une épée. Se félicitant intérieurement de les avoir suivi, Telchar fonça tel un boulet de canon vers les deux brutes. Étonnées de la présence de leur employeur, ils relâchèrent le marchand. Celui-ci, paniqué, cria à Telchar d’une voix paniquée que dans un mois il pourrait enfin payer. Mais ce n’était pas la première fois que Telchar entendait ce discours. Il répliqua immédiatement que dorénavant, chaque jour passé rajouterait dix pourcent d’intérêt à la dette du commerçant. Son cerveau habitué à manier les chiffres comprit au quart de tour, et le marchand protesta vigoureusement. Alors les deux brutes se rappelant leur but roulèrent des épaules et dégainèrent à moitié leurs armes. Telchar laissa faire. Le commerçant, tremblant désormais de peur, bégaya un vague :

- Je… Je retourne cherchez ça…. Attendez quelques instants…

A l’idée de voir enfin cet or tant mérité le cœur de Telchar fit un bond. Il autorisa le marchand à rentrer chez lui chercher la somme convenue il y avait déjà deux ans de cela. Entouré par les deux mercenaires, il attendit sagement devant la maison, en rabrouant vertement les deux colosses à cause de leur manque de tact. Il refusait de faire du mal à un Nain, même indirectement, sauf cas de force majeure, car il respectait trop la création d’Aüle pour cela. Enfin, le Nain sortit de chez lui, une bourse en main. Telchar la trouvait bien petite pour la somme qu’elle devait contenir, mais ne dit rien. Alors qu’il tendait la main pour s’en saisir et commençait à prononcer des paroles d’excuses, le pauvre Nain s’enfuit en courant. Jetant un œil à l’intérieur de la bourse, Telchar confirma ses doutes : elle contenait des cailloux. Profitant de ses quelques secondes, le Nain avait déjà commencé à filer. Mais les deux mercenaires s’étaient lancés à sa poursuite sans attendre l’ordre et étaient déjà en train de rattraper le fuyard. Telchar trottina lentement à leur poursuite. Le Nain devait être particulièrement stupide ou désespéré pour tenter une fuite. D’abord parce qu’à Nogrod il était compliqué de rester cacher bien longtemps, étant donné la taille de la ville. Ensuite parce que de toute façon, il avait une famille ici qu’il ne pouvait abandonner, et enfin parce qu’il n’était absolument pas taillé pour la course. Les deux mercenaires le rattrapèrent en un rien de temps. Le plaquant au sol, ils dégainèrent de nouveau leurs épées et les pointèrent vers sa gorge sans défense. Cette fois-ci, Telchar ne dit rien à leur propos quand il arriva. Il en avait plus qu’assez. Il commençait à se demander si cet argent valait la peine de se cacher tel un enfant en pleine rue, et de courir autant. Il demanda violemment au Nain si il avait oui ou non de quoi payer, et que si il mentait encore une fois cette affaire finirait devant le Roi. Vu la popularité de Telchar il n’y avait aucune chance de s’en tirer et il risquait gros. Alors soupirant, il révéla qu’il avait de quoi payer, mais pas en argent. Depuis ces deux années il vivait au jour le jour, dangereusement, suite à une baisse de son activité de marchand. Il devrait payer avec l’héritage de son arrière-grand-père, un ensemble de vaisselle valant une fortune. L’ensemble était en argent, gravé sur les côtés, avec de minuscules inscriptions en Khüzd. Mais aux yeux du Nain il avait surtout une valeur sentimentale, lui rappelant son arrière-grand-père.

Telchar comprenait tout à fait. Chez les Nains, la famille était une valeur très importante. On était fier des exploits de ses ancêtres comme des siens, fiers de porter leurs noms et de perpétrer leur lignée. Encore une fois, le remord parut chez Telchar. Privé le Nain de ses souvenirs, de sa mémoire était cruel. Mais cela faisait tout de même deux ans qu’il attendait ce moment ! Tant pis pour l’arrière-grand-père, l’argent passait avant tout. Mais au moment où Telchar allait briser la vie de sa victime, le marchand déclara, empressé et paniqué :

-Mais mon commerce reprend hein ! Si vous attendez encore quelques mois je pourrais vous payer en argent ! Ce serait plus simple pour nous deux !

- Écoutes l’ami, j’ai pas envie de te faire du mal, t’as l’air d’être quelqu’un de bien. Mais là c’est trop. Alors on va te faire confiance, mais c’est la dernière. Tu te souviens de la somme que tu me dois ? Et bien si elle n’est pas présente dans mon atelier dans un mois, sous la forme que tu veux, je te prendrais tout. J’en ai le pouvoir. Ta maison, tes biens… Alors je te conseille de ramener tout ça.

L’autre bégaya, et après avoir écouté distraitement une nouvelle remarque sur l’inintérêt de fuir la ville s’en fut en courant. Telchar poussa un soupir en voyant son mauvais client partir. Il y avait très peu de chances que l’argent soit là dans un mois. Il avait pourtant fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider le marchand, mais il n’y avait rien à faire. Il congédia les deux molosses après les avoir payé, puis s’enfonça lui aussi dans la nuit souterraine de Nogrod.

Voilà une heure qu’il attendait le passage de son client, celui qu’il avait terrorisé il y a un mois de cela. Il le savait qu’il ne viendrait pas. Il n’était jamais venu, et Telchar n’avait jamais compris pourquoi. L’autre lui avait expliqué qu’il avait eu des problèmes d’argent mais Telchar n’y croyait pas une seconde. Soudain, interrompant ses pensées, il voit le fameux marchand rentrer sans impunité dans le bureau de Telchar, suivit par un apprenti qui tente de le retenir. Il jette sur le bureau un sac, qu’on devine lourd de pièces d’or. Le marchand porte des habits très riches et distingués. Les deux s’observent durant un long moment, puis le marchand lance :

-Je vous l’avait dit que les affaires revenaient.

Il tourne alors le dos et s’en va. Telchar s’empresse alors de compter la somme présente dans le sac. Le compte est bon.
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